Défense pénale — Instruction judiciaire

Information Judiciaire à Marseille — Défense lors de la Mise en Examen

L'information judiciaire est la phase d'enquête la plus longue et la plus lourde du droit pénal français. Contrairement à la garde à vue ou à la comparution immédiate, elle dure des mois, voire des années. Dès la première convocation devant le juge d'instruction, la qualité de votre défense conditionne l'issue de l'affaire.

De l'ouverture de l'information judiciaire à la première comparution

L'information judiciaire est ouverte par le procureur de la République au moyen d'un réquisitoire introductif adressé au juge d'instruction (art. 80 du Code de procédure pénale). Elle est obligatoire en matière criminelle et facultative en matière correctionnelle, mais le parquet y recourt lorsque les faits sont complexes, que de nombreuses investigations sont nécessaires ou que plusieurs personnes sont impliquées.

Le juge d'instruction — magistrat du siège indépendant — est chargé de conduire l'enquête à charge et à décharge (art. 81 CPP). Il dispose de pouvoirs exorbitants : il peut ordonner des perquisitions, des écoutes téléphoniques, des réquisitions bancaires, des expertises, des commissions rogatoires confiées à des officiers de police judiciaire.

Avant toute mise en examen, le juge doit convoquer la personne soupçonnée pour une première comparution (art. 116 CPP). Cette convocation doit être notifiée dans un délai minimal de dix jours et maximal de deux mois, et doit mentionner les faits reprochés avec leur qualification juridique ainsi que le droit de choisir un avocat. Maître CAROSSO doit être désigné dès réception de la convocation : c'est à ce stade qu'il accède au dossier de la procédure (art. 114 CPP) et prépare la stratégie de défense.

Mise en examen, témoin assisté : deux statuts aux conséquences radicalement différentes

À l'issue de la première comparution, le juge d'instruction décide du statut de la personne entendue. C'est l'une des décisions les plus importantes de la procédure — et l'un des premiers enjeux stratégiques de la défense.

La mise en examen (art. 80-1 CPP) ne peut être prononcée que s'il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable la participation de la personne, comme auteur ou complice, aux faits dont le juge est saisi. Ce critère est strict : des soupçons vagues, une simple présence sur les lieux ou des éléments insuffisamment caractérisés ne suffisent pas. La mise en examen ouvre des droits substantiels — accès au dossier, demandes d'actes, voies de recours — mais expose à des contraintes sévères : contrôle judiciaire, détention provisoire, inscription au casier.

Le statut de témoin assisté (art. 113-1 CPP) est un régime intermédiaire que le juge doit préférer à la mise en examen lorsque les indices sont insuffisants pour justifier celle-ci. Le témoin assisté bénéficie de l'accès au dossier via son avocat et du droit de formuler des demandes d'actes, sans subir de contrôle judiciaire ni de risque de détention provisoire. Maître CAROSSO conteste systématiquement la mise en examen lorsque les indices sont insuffisants et sollicite le bénéfice du statut de témoin assisté.

Maître CAROSSO analyse systématiquement la régularité des actes d'enquête accomplis avant la mise en examen — perquisitions, gardes à vue, écoutes téléphoniques — pour soulever toute nullité susceptible de fragiliser l'accusation.

Liberté pendant l'instruction, puis renvoi ou non-lieu : les enjeux décisifs

Pendant la durée de l'information judiciaire — qui peut s'étendre sur plusieurs années — le juge d'instruction, sur réquisitions du parquet, peut placer la personne mise en examen sous contrôle judiciaire ou en détention provisoire. Ces mesures restrictives ou privatives de liberté font l'objet d'un contrôle juridictionnel rigoureux que Maître CAROSSO utilise pleinement.

Le contrôle judiciaire (art. 138 CPP) impose des obligations dont la liste est limitative : interdiction de quitter le territoire, obligation de pointage, interdiction de rencontrer certaines personnes, remise du passeport, obligation de soins. Il est ordonné par ordonnance motivée par des circonstances concrètes liées aux nécessités de l'instruction ou à la sûreté. Maître CAROSSO conteste les conditions imposées et demande leur mainlevée ou leur assouplissement devant la chambre de l'instruction.

La détention provisoire (art. 143-1 CPP) est une mesure d'exception qui ne peut être ordonnée que si elle constitue l'unique moyen de parvenir à l'un des objectifs limitativement énumérés par la loi — conservation des preuves, protection des témoins, fin du trouble à l'ordre public, garantie de représentation. Elle est prononcée par le juge des libertés et de la détention (JLD) sur requête du juge d'instruction. Maître CAROSSO fait valoir tous les arguments de nature à éviter le placement en détention ou à en obtenir la mainlevée.

À l'issue de l'instruction, le juge rend une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel ou la cour criminelle (art. 179 CPP), ou une ordonnance de non-lieu (art. 177 CPP) si les charges sont insuffisantes. L'ordonnance de renvoi peut être contestée dans un délai de dix jours devant la chambre de l'instruction.

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Questions fréquentes — Information judiciaire et mise en examen

Le statut de témoin assisté (art. 113-1 CPP) est un régime intermédiaire entre le simple témoin et la mise en examen. Comme la personne mise en examen, le témoin assisté bénéficie de l'accès au dossier par son avocat et du droit de formuler des demandes d'actes. Mais contrairement à la mise en examen, il ne peut pas faire l'objet d'un contrôle judiciaire ni d'une détention provisoire, et son statut n'est pas inscrit au casier judiciaire. Le juge doit recourir au témoin assisté en priorité lorsque les indices ne justifient pas une mise en examen. Maître CAROSSO sollicite systématiquement ce statut lorsque la mise en examen n'est pas fondée sur des indices suffisamment graves ou concordants.
Oui. La mise en examen peut être contestée selon plusieurs voies. En premier lieu, dans les dix jours suivant la mise en examen, Maître CAROSSO peut demander au juge d'instruction de lever la mise en examen ou d'accorder le statut de témoin assisté. Si le juge refuse, la décision peut être portée devant la chambre de l'instruction. Par la suite, cette demande peut être renouvelée tous les six mois. Par ailleurs, si la mise en examen repose sur des actes entachés de nullité — perquisition irrégulière, garde à vue non conforme — Maître CAROSSO soulève ces nullités devant la chambre de l'instruction dans un délai de six mois à compter de la première comparution (art. 802 CPP).
La durée d'une information judiciaire est très variable. Pour des affaires simples, elle peut durer six mois à un an. Pour des affaires complexes — criminalité organisée, fraude fiscale, homicides, crimes en bande organisée — elle peut s'étendre sur plusieurs années. Pendant toute cette durée, Maître CAROSSO reste actif : il formule des demandes d'actes pour alimenter la défense (expertises complémentaires, auditions de témoins à décharge, confrontations), conteste les actes irréguliers, veille aux conditions de la détention provisoire éventuelle et prépare la stratégie pour l'audience de jugement.
Le non-lieu est prononcé par ordonnance du juge d'instruction (art. 177 CPP) lorsqu'il estime que les charges réunies au cours de l'instruction sont insuffisantes pour renvoyer la personne devant une juridiction de jugement. Un non-lieu met fin à la procédure et s'impose à tous : la personne ne peut plus être poursuivie pour les mêmes faits, sauf découverte de charges nouvelles. Pour obtenir un non-lieu, Maître CAROSSO utilise le droit aux demandes d'actes (art. 82-1 CPP) pour orienter l'instruction vers les éléments à décharge, conteste les qualifications retenues et fait valoir l'insuffisance ou la contradiction des indices. Il peut aussi demander à ce que des éléments favorables à la défense soient versés au dossier.

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